Sur les hauteurs de Gavarnie

La « Grande Traversée »

sur les hauteurs de Gavarnie

 

Mi-juillet 2007, ce mercredi, les prévisions météorologiques étaient plus ou moins engageantes. Mais elles n'étaient pas mauvaises et beaucoup de rollistes allaient quitter les Pyrénées dans trois jours.

« Et si nous faisions une traversée de Gavarnie?... par Tuquerouye, bien entendu! » suggéra Daniel. Nous fûmes plusieurs : Véronique et Laurent, Everett, Daniel et moi (Hélène) à nous préparer hâtivement pour deux journées de randonnée sur les hautes routes de Gavarnie.

L'itinéraire n'est pas difficile à tracer en pointillé sur une carte mais il suit beaucoup de cairns, en particulier du lac Glacé au Col du Cylindre puis pour contourner Gavarnie. L'abondance de neige nous a engagés, peut-être contraints en cette saison 2007, à rester en altitude. Mais reprenons, pas à pas ce chemin :

 

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Premier jour :

Départ au Lac des Gloriettes vers 10h du matin, nous contournons très rapidement le lac et voyions que le cirque est parsemé de ces beaux iris bleus qui illuminent souvent les mois de juillet dans les Hautes-Pyrénées. Chaque sac à dos pèse au moins 15-16 kg, le temps est un peu couvert comme prévu et nous marchons tranquillement dans l'ample vallée du cirque d'Estaubé, probablement l'un des plus sauvages de la région.

Nous croisons, une fois engagés dans le cirque un petit groupe de rollistes partis y randonner la journée, parmi eux, Nadette et Denis tiennent à photographier tout notre petit groupe et à nous donner des pâtes de fruits pour la route !

 

 

 

 

tphr2Montée lente, sur la droite de la vallée, puis en lacets réguliers vers la hourquette d'Allanz ; on quitte ce sentier principal en prenant à gauche, vers 2200m celui, horizontal, du Port neuf de Pinède qu'on abandonne à son tour (cairns) pour franchir le collet au pied de la « Borne » (2400m) et découvrir le couloir Tuquerouye enneigé : il faut sortir les bâtons ou piolets et tailler des marches dans la neige sur 100m pour arriver à la brèche !

 

 


A cheval sur cette brèche frontière, un refuge d'altitude en pierre a été construit, deux pièces voutées, avec entrée côté espagnol :

 

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De l'autre côté, plus de 100 m en contrebas, le Lac Glacé mérite cette année bien son nom car un semblant d'iceberg y trône allègrement. Nous faisons une courte halte adossés au mur du refuge de Tuquerouye mais il nous faut redescendre assez rapidement ces 100 m en sentier caillouteux et raide pour atteindre les alentours d'un lac de couleur turquoise. Nous le contournons par la gauche pour aller découvrir, au Balcon de Pinède, la vue sur la vallée de Pineta, tant qu'il reste un peu de soleil, prendre quelques photographies, deviner les contreforts du canyon d'Anisclo (cf photo ci-dessous), où des groupes de rollistes allaient autrefois une semaine durant dans les années 1930 ou 1950. Nous sommes déjà en Espagne, nous la verrons mieux demain si le beau temps le permet !

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Il faut attendre la tombée de la nuit pour planter les tentes. Le repas chaud est vite englouti. J'apprends à frotter les casseroles avec un grattoir de mousse végétale, nous remplissons les gourdes d'eau et préparons une semoule aux raisins pour demain et nous nous blotissons dans les tentes pour une nuit de sommeil.

Deuxième Jour :

Lever 6h. Vu les conditions météo, il ne sert à rien de se lever plus tôt. Heureusement, nous entrevoyions vite, une fois le thé, café et semoule engloutis et les tentes pliées, l'itinéraire à suivre : monter dans ce qui ressemble à une moraine puis aller vers la gauche et s'encorder dans un passage de II. Il ne faut pas traîner tout de même !

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Montée vers le Col du Cylindre entre le Mt Perdu et le Cylindre

(le passage en II est juste à gauche de la fine langue de neige verticale à l'aplomb du Perdu)

La montée commence, sportive dans la moraine. Puis, il nous faut s'encorder et faire attention sur une distance de deux longueurs. Le soleil n'est pas au rendez-vous mais le temps est tout de même dégagé en altitude et permet de suivre l'itinéraire de montée. Nous nous hâtons dans la montée et avons chaud malgré l'absence de soleil (d'ordinaire le glacier se remonte au soleil levant)

Arrivés au Col du Cylindre, nous voyions l'Etang Glacé en grande partie sous la brume en contrebas et le passage (une légère descente vers la gauche, puis une longue et étroite vire horizontale sur la droite, enfin un pas de désescalade) nous contraint de descendre quelque peu. Nous hésitons un peu sur l'itinéraire à suivre. Daniel voudrait monter la Cheminée du Cylindre mais nous ne sommes pas certains de l'évolution de la météo. Nous pensons alors au Marboré que nous devons aussi contourner.

Il y a beaucoup de neige en ce mois de juillet et nous ne pouvons prendre les sentiers habituels sur les hauteurs de Gavarnie. Le plus élevé des deux itinéraires nous amène en suivant des cairns, par un petit détour, au Pic central de la Cascade (3098m) que nous grimpons allègrement : il paraît que ce pic n'avait jamais été gravi par des rollistes ! Ensuite, nous nous  dirigeons vers La Tour (3011m) : la vue y est fantastique et la mer de nuages dans la vallée nous permet de voir le cirque de Gavarnie et la grande cascade.

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De la Tour, la grande cascade du cirque de Gavarnie.

Il est déjà 13-14 heures et il ne faut pas tarder. Nous continuons sur cette route des cimes en passant par le sommet de la Tour. Le plus problématique sera la descente du couloir fortement enneigé de la Tour.

tphr8Nous voyions un espagnol le monter et le descendre très rapidement chaussé de ses crampons mais nous ne pouvons l'imiter car nous n'avons pas pris nos crampons... Nous sommes donc contraints de tailler de grosses marches et de nous assurer sur la corde fixée au piolet fiché dans la neige et glace. Nous sommes très attentifs à ne pas faire dégringoler la cordée par le moindre faux pas.

Le couloir est enfin franchi après de grandes précautions, et deux relais, et il nous faut nous hâter vers la brèche de Roland et rentrer vers le col Boucharo et le parking du col des Tentes, après cette magnifique traversée.

 

 

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Hélène (un grand merci à Daniel pour sa relecture attentive et ses précisions sur l'itinéraire)